Le Laos situé au cur des pays de la péninsule indochinoise, est le plus petit Etat de lAsie du Sud-Est continental et aussi lun des moins peuplé de la région, avec une population denviron quatre millions et demi d'habitants. Bien quenclavé dans les terres, le Laos est béni par le long cours du Mékong, artère vitale qui nourrit, transporte, arrose, et qui est source dinspiration de croyances et de traditions. Tous les autres pays du bassin du Mékong entourent ce beau pays, de lamont vers laval : la Chine, le Myanmar (Birmanie), la Thaïlande, le Kampuchéa (Cambodge) et le Viêt Nam. Le Laos, loin dêtre isolé du commerce international du fait de son relatif enclavement est en réalité au carrefour des échanges entre ses grands voisins. Le pays est habité par de nombreuses ethnies. Les Lao Loum, « Lao du bas », jadis fortement influencés par la culture et les religions indiennes, pratiquent le bouddhisme Theravada encore appelé Hinayana ou du Petit Véhicule, comme Sri Lanka, le Myanmar, la Thaïlande et le Cambodge qui ont des cultures proches. Dans les hautes terres du Laos vivent ce que les Lao appellent Lao Theung « Lao des plateaux » comme les Khmu, les Tai Dam et Tai Deng, et les Lao Sung « Lao des hauteurs » comme les Hmong/Miao, les Mien/Yao, les Akhas. Ces peuples apportent leur contribution de culture, traditions et artisanat à lensemble sous le nom de Laos. Vientiane, la capitale, nonchalamment installée le long des berges du Mékong, offre une apparence calme contrairement à dautres métropoles dAsie. Elle na pas encore été trop abîmée par des édifices incongrus et laids, conservant de la place à larchitecture locale et aux anciennes maisons de style colonial. Le That Luang, stupa religieux aux lignes fines et gracieuses comme les bouddhas laotiens, est lun des symboles du pays. Luang Prabang, joyaux de lAsie et inscrite au Patrimoine mondial par lUNESCO, est lancienne capitale royale du pays et un lieu saint. Isolée dans les montagnes du nord du pays, elle est un lieu où les légendes se confondent avec lhistoire, où les éléments géographiques deviennent symboles. Parmi ceux-ci, une montagne sacrée, le Phou Si, située à son centre entre les deux rivières, Mékong et Nam Khan, incarne le centre du monde. Ses nombreuses pagodes dune beauté raffinée, alignées les unes après les autres, respirent la spiritualité et la paix. Elles sont les gardiens de la sagesse jusquà la fin des temps. Le Laos cest aussi des montagnes et des forêts
abritant encore nombre danimaux sauvages tels les éléphants.
Dailleurs, un ancien nom du Laos est Lan Xang, « Pays du million
déléphants » ; peut-être est-il un indicateur
légendaire du nombre déléphants jadis, ou du
rayonnement du pays... ou de la grandeur de sa superficie... Dans le sud
du pays se trouve la plus grande chute deau de lAsie... où
survivent des dauphins deau douce
Laos, pays de paix, de poésie humaine... et dhumour raffiné. Cest un pays où on se sent à létat pur, où les choses superficielles ne valent plus grand-chose, où lhomme montre son cur. Lâme devient transparente comme leau claire qui sort des roches sous un soleil intense. Même la nuit on peut y voir le reflet de son âme comme celui de la lune sur létang au fond de la forêt. Marchez au bord du Mékong pendant que lair chaud souffle du fleuve et caresse le visage avec douceur. Des rires planent dans lair, évoquant lhumour dautres conversations et conjuguant des images de situations drôles à des visages fendus de rire Dans ce pays le temps semble arrêté... ou peut-être na jamais existé. Prenez le temps, on nest pas pressé, il y a un moment pour tout... aussi bien pour la fête que pour travailler, pour chanter lamour... Et justement, écoutez une mélodie nous surprend un son doux, mélodieux, parfois mélancolique qui monte dans les airs, qui charme les phou sao, les jeunes filles Lao qui sont plus belles les unes que les autres, et fait monter les larmes aux yeux aux gens sentimentaux Cest à la fois la nature qui chante à travers des tiges de bambou et la voix des ancêtres qui transmettent leur sagesse dans lair vibrant Le son vient du khène, instrument de musique symbole du pays, appartenant aux musiciens lao aux curs de poètes. Je me sens en affinité avec ce pays. Ici, il existe une harmonie entre les êtres, une entente avec la nature, une trêve avec le temps... et de ceci découlent sérénité et tranquillité, terrains riches pour lépanouissement du sourire, du respect, de lappréciation des choses simples de la vie... Les gens y sont restés naturels, comme le pays, qui est largement laissé à la nature. Et cette nature, comme le sait ce peuple, est habitée par des phi, des fantômes ; dans ses rivières circulent des naga, des dragons deau, et au fond de ses terres se cachent des génies et dautres êtres mystérieux... Il faut les respecter, comme il faut respecter la terre qui nous est donnée, que nos ancêtres nous ont confiée. Les Lao connaissent la nature, comme les arbres et les herbes qui y poussent, sachant utiliser leurs caractéristiques et leurs qualités. La forêt est comme un grand jardin potager qui recèle tout ce quil faut pour vivre. Mais cette terre, si riche, si généreuse, où les gens mangent à leur faim, est placée par les économistes au cur froid aux plus bas rangs de léchelle dévaluation économique du monde. Certainement ils ont raison, mais ils ne peuvent pas voir les richesses immenses, intangibles, qui se trouvent dans la culture et dans les curs. Dans ce pays pauvre, la coutume pare les filles comme des princesses avec leurs sin (jupe) en soie, leurs offrandes pour la pagode portées en khan (bols) dargent et leurs cheveux si soigneusement entretenus. Les vat, les pagodes, sont ornés dor et sont décorées de fleurs exotiques. Les curs des gens sont riches en générosité et en solidarité, les maisons accueillent le visiteur avec politesse et lui offre de leau rafraîchissante dès lentrée. Et puis le sourire vaut de lor... Le comportement des Lao me semble hors des logiques du monde daujourdhui, incompréhensible pour lhomme dit moderne. Cest comme si le peuple dun des plus insignifiants des pays montrait au monde un chemin personnel qui assure un équilibre mental et social. Le savoir-vivre est là, le sens du partage aussi ; lorgueil de lindividualité est maîtrisé ; la femme nest pas soumise mais participe pleinement à la société ; et la fameuse expression bo pen gniang, « ça ne fait rien », montre le recul par rapport aux problèmes et aux déceptions, et permet déviter le stress et lénervement. Mais on ne doit pas être aveugle, la vie est également difficile. Elle comporte des responsabilités, des devoirs envers les autres, des peines et puis des rémunérations parmi les plus faibles du monde. Cependant, tout y est porté avec dignité et honneur. Les Lao sont aussi proches de la vie... je veux dire de la réalité de la vie... celle qui porte bonheur ou malheur ... où les événements heureux côtoient les maladies, les souffrances et les peines. Les Lao semblent avoir compris ou plutôt navoir pas oublié les choses importantes de la vie, telle que la famille, la simplicité et la joie de vivre, où largent nest pas lobjectif le plus important. Mais tout ceci peut changer, notamment avec linfluence de plus en plus forte des cultures pan-mondiales envahissantes. Cest lun des dangers de lavenir, avec la mondialisation et la diffusion de produits et de comportements communs à tous les pays. Une connaissance et des contacts avec dautres cultures constituent une bonne chose dès lors que chacun peut garder son identité et sa richesse culturelle propre. Voilà la motivation à la source de SevenOrients, non pas un souci financier mais un réel souci pour lavenir culturel du monde. Finalement, le respect et la tolérance que le visiteur étranger trouve au Laos devraient être réciproques. Déjà, nous pouvons tenter de faire nôtre cet état desprit lors dun voyage dans ce pays, comme dans dautres, en apprenant à connaître les coutumes, en shabillant décemment au goût des gens qui nous reçoivent, en respectant les sanctuaires... On peut parfois avoir limpression aujourdhui que les gens venus des pays dits développés sont moins civilisés. Je trouve que, parfois, un simple paysan lao est plus civilisé que lhomme moderne par son civisme, sa générosité, son respect des autres et laide apportée aux autres sans arrière-pensée. Il existe sûrement dautres paradis sur terre,
dautres peuples qui ont trouvé une telle voie harmonieuse,
mais je ne connais pour ma part que celui-ci. |
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| Peter Livermore | ||
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