Cambodge

Histoire et Culture

Le royaume des anciens Khmers s’étendaient autrefois non seulement sur le territoire du Cambodge actuel mais aussi sur une grande partie du Siam (Thaïlande), du Laos et du sud du Viêt Nam. Au premier siècle av. J.-C., ce royaume se nommait Funan ou "royaume de la Montagne" puis il étendit sa souveraineté à certains autres Etats de la région, en se scindant en deux sous le nom de Tchenla de Terre et de Tchenla de Mer. L'unité de ces deux Etats fut rétablie au début du IXe siècle par le roi Jayavarman II originaire de "Java" (c’est-à-dire la Péninsule malaise : il s’agit de la "Java" décrite par Marco Polo et non de l’île indonésienne actuelle). La grandeur de ce nouveau royaume khmer d’Angkor, qui atteignit son apogée sous le règne de Jayavarman VII, reposait sur une riziculture intensive fruit d'une remarquable maîtrise de l'irrigation.
Le bouddhisme Mahayana (Grand Véhicule), très mêlé d’influences hindouistes, était à cette époque ancienne la religion d’Etat. Au début du XVe siècle, les rois khmers menacés d’invasions, furent contraints d'abandonner leur capitale, Angkor, et de se retirer en aval, vers le bas du Mékong, d’abord à Long Vek, puis à Phnom Penh, actuelle capitale du Cambodge.

Depuis la deuxième moitié du XIXe siècle, le Cambodge est mondialement connu pour la splendeur de ses temples et vestiges archéologiques, notamment sur l’extraordinaire site d'Angkor (Siem Reap). La plupart de ses monuments, très influencés par l'art indien, construits du IXe au XIVe siècles, sont considérés comme l’une des merveilles produites par l’humanité et ont été inscrits récemment pour cela sur la liste du patrimoine universel de l’UNESCO. Le Cambodge est également renommé pour sa musique et ses danses classiques, notamment à travers les traditions du ballet royal conservées au même titre que les autres trésors culturels du passé cambodgien. La renaissance de la culture khmère après la chute d’Angkor est liée à celle de la monarchie khmère, sous le règne de Ang Duong (1841), protecteur des arts et des traditions culturelles, en particulier de la danse classique.

Norodom, devenu roi du Cambodge à la mort de Ang Duong, s'intéressa plutôt à la musique classique. En 1863, à la demande du Cambodge inquiet des ambitions territoriales siamoises et vietnamiennes, le protectorat français s’établit au Cambodge. Le corps de ballet royal était à cette époque de 500 danseuses. Il n’en restait qu’une centaine en 1904. En 1872, le Roi Norodom visita Hong Kong, Singapour et Manille d’où il ramena musiciens chinois et philippins afin d’enseigner au Cambodge. Des artistes laotiens, birmans, chinois et vietnamiens affluèrent ainsi à la cours khmère. Ce roi, également novateur en matière de mise en scène, ouvrit la culture khmère à l'extérieur, notamment vers les autres pays de l’Asie du Sud-Est. C’est sous son règne que sera créée pour la première fois une version chorégraphique intégrale du Ramakerti (version khmère du Ramayana).

En 1906, le roi Sisowath, monté sur le trône en 1904 à la mort de Norodom, invité en France, s'y rendit accompagné d'un corps du ballet royal de 42 danseuses, 8 batteurs de mesure, 8 habilleuses, 12 musiciens, 8 choristes et 2 bijoutiers. La première représentation eut lieu à Marseille dans le cadre de l'exposition coloniale. Le succès fut notable, avec plus de 30 000 spectateurs par soirée. On ne parla plus en France à cette époque que du Cambodge, de son roi et de ses danseuses. Monté sur le trône en 1941, le jeune roi Norodom Sihanouk marqua lui aussi très vite son attachement à la musique, au cinéma et au ballet classique. En 1969, Norodom Sihanouk organisa ainsi à Phnom Penh un festival international du cinéma, présidé par le cinéaste français Marcel Camus. Durant tout le règne de Norodom Sihanouk le cinéma fut très encouragé. Pendant la guerre qui suivit le Coup d’Etat de 1970, puis sous la dictature des Khmers Rouges, la culture et les traditions khmères furent, sinon détruites, abandonnées.
Aujourd’hui, faute de ressources financières suffisante, l’art cinématographique reprend son essor au Cambodge, débutant par le tournage de films en format vidéo.


Cambodge actuel:

Situé géographiquement au cœur de l’Indo-Chine, le Cambodge présente une superficie de 181 035 km2. Grand comme un tiers de la France, il compte environ 12 millions d'habitants, dont la grande majorité parlent le khmer et suivent les préceptes du bouddhisme theravada (Petit Véhicule). Toutefois, société pluriethnique, la population du Cambodge compte aussi une grande variété de minorités ethniques, religieuses ou culturelles tels que les Jörai, les Brao, les Chams, les Pear, etc.
Après plus de 20 ans de guerre, le Cambodge demeure un pays "facile" à vivre, un pays du sourire qui peut donner l'impression que les Khmers sont toujours pleinement d'accord avec leur interlocuteur et aisément oublieux de leurs souffrances…

Après les élections de 1992, organisées avec l’aide des Nations Unies, le Cambodge s’ouvrit à l'économie de marché. Le financement et le développement du Cambodge dépendent cependant encore en grande partie de l’aide internationale.
Doté d'une nouvelle constitution le Cambodge est devenu en 1993 une monarchie constitutionnelle représentée par le roi Norodom Sihanouk et dirigée par un Premier Ministre. L’actuelle coalition au sein du gouvernement khmer, celle du Pracheachun (ex-Parti Communiste fondé en 1951) et du FUNCINPEC (Parti Royaliste fondé en 1981) assure une certaine stabilité politique au Cambodge et y garantit la paix.

L'économie khmère actuelle est basée sur l'agriculture et le tourisme. Le développement du secteur bancaire facilite le tourisme, l’un des fleurons économiques du pays. La monnaie locale est le riel (US$ 1 = 3.800 riels).

A part ses monuments historiques, le Cambodge est en train d'aménager certaines sites touristiques comme les plages de Sihanoukville (sans doute parmi les plus belles d’Asie du Sud Est) et de Kep (province de Kampot), les chutes d'eau de Phnom Koulen (province de Siem Reap), celles de Teuk Chhou (province de Kampot)… Le Tonlé Sap est considéré comme l'un des lacs les plus poissonneux d’Asie du Sud-Est et au Cambodge il se passe un phénomène unique au monde : le renversement chaque année du cours des eaux du Mékong pendant la saison des pluies de mai à septembre. Le fameux fleuve, qui descend de l’Himalaya, gonflé par la fonte des neiges, se décharge à Phnom Penh de son trop-plein d'eau qu’il renvoie en direction du nord où il s'accumule dans le Tonlé Sap d'octobre à décembre, donnant lieu à de spectaculaires pêches miraculeuses…

Le Cambodge jouit d’un climat tropical humide, classique des pays de mousson. La température y est douce du mois d'octobre à janvier et assez élevée et humide du mois de février au mois de mai.


Rosane Saidnattar
réalisatrice